Vous avez réalisé des travaux chez un client en plein été, alors que le temps était beau et sec. Les pluies étaient rares, tout semblait bien exécuté, le terrain était nivelé correctement et le pourtour de la maison était bien hydrofugé. Aucun signe d’infiltration à l’horizon. Même le dessous d’un balcon, qui avait tendance à accumuler l’eau, a été modifié pour ne plus en recevoir, permettant ainsi d’utiliser cet espace comme rangement.
Mais lorsque la question se pose — et surtout lorsque la quantité d’eau augmente soudainement — une réflexion essentielle s’impose : où va l’eau?
COMMENT PRÉVENIR LES INFILTRATIONS
Lorsque le temps est clément, il est assez difficile de prévoir ou de constater si les travaux exécutés vont être à la hauteur des accumulations d’eau qui se produiront — et qui se produisent désormais en grande quantité, de plus en plus souvent. Les épisodes de pluie intense, les redoux soudains en plein hiver et les variations extrêmes de température rendent l’analyse encore plus complexe. Ce qui semble parfaitement fonctionnel en été peut se révéler insuffisant en hiver, lorsque le sol est gelé, que l’eau ne peut plus s’infiltrer et que les accumulations se déplacent différemment.
Ainsi, en analysant la situation du client, les conditions propres à son terrain et les travaux effectués, les points importants à vérifier seront les suivants :
- Le terrain est-il suffisamment en pente pour éloigner l’eau de la maison ? Une pente trop faible ou orientée vers la maison peut créer un bassin naturel où l’eau s’accumule. Même une légère dépression dans le sol peut devenir problématique lorsque la pluie est abondante ou que la neige fond rapidement.
- Les gouttières sont-elles orientées de sorte que l’eau s’égoutte loin de la maison ? Il faut également s’assurer que l’endroit où l’eau s’égoutte ne crée pas une nouvelle accumulation. Par exemple, on modifie une gouttière qui ramasse trop d’eau d’un côté du bâtiment pour l’installer de l’autre côté… mais le voisin a déjà une gouttière qui s’écoule au même endroit. Résultat : l’accumulation d’eau se produit et l’eau revient vers la maison. Ce type de situation est fréquent dans les secteurs où les terrains sont étroits ou où les maisons sont rapprochées.
- Des margelles ont-elles été installées devant les fenêtres de sous-sol situées au niveau ou sous le niveau du sol ? Une margelle adéquate, bien drainée et suffisamment profonde, peut éviter des infiltrations majeures si une accumulation d’eau survient à proximité de la fenêtre. Trop souvent, les margelles sont installées sans gravier drainant ou sans membrane, ce qui réduit leur efficacité.
Infiltration d’eau dans un sous-sol
Voici un exemple concret de modification effectuée par un entrepreneur qui, malgré une vérification initiale, a causé un dégât d’eau au sous-sol d’une résidence. Un dessous de balcon a été hydrofugé sur une propriété de plus de 10 ans afin de ne plus recevoir d’eau et de servir d’espace de rangement. Après vérification, tout semble normal : l’eau se dissipe correctement, le sol absorbe bien et aucune accumulation n’est visible.
Ce qui n’avait pas été prévu — et ne pouvait pas vraiment être vérifié en période estivale — est qu’au mois de janvier, lors d’un mélange de froid, de redoux et de pluie soudaine, l’eau qui normalement s’accumulait sous le balcon (avant les travaux) ne pouvait plus s’écouler. Le sol étant gelé, l’eau est restée en surface, créant une accumulation importante. La fenêtre située juste à côté du balcon, au niveau du sol, a alors servi de porte d’entrée à l’eau, provoquant une inondation dans le sous-sol du client.
Pourquoi ces situations surviennent-elles?
Certaines conditions rendent l’analyse difficile :
- Une inspection faite en été ne reflète pas la réalité d’un sol gelé en hiver.
- La quantité d’eau lors de l’analyse peut être très différente de celle d’un épisode de pluie extrême.
- Les travaux modifient parfois des éléments fonctionnels déjà en place, ce qui change le comportement naturel de l’eau sur le terrain.
- Les micro-détails — une légère pente, une fissure, un affaissement du sol — peuvent devenir critiques lorsque les conditions climatiques se dégradent.
C’est pourquoi il est essentiel de faire un suivi avec les clients sur une certaine période, surtout lorsque les travaux touchent la base du bâtiment, le drainage ou tout élément susceptible d’influencer la gestion de l’eau.
CONCLUSION
Afin d’offrir satisfaction au client, il est toujours du devoir de l’entrepreneur de s’assurer, après que le contrat est complété, que les travaux effectués au niveau du sol et de tout ce qui touche la base d’un bâtiment soient vérifiés pour éviter les infiltrations d’eau par les fenêtres au niveau du sol et par la fondation. Une simple visite de suivi, un test d’écoulement ou une observation après une pluie abondante peut faire toute la différence.
Si les travaux sont faits en prévision de ces détails et si les vérifications sont effectuées avec rigueur, vous aurez un client satisfait… et vous vous éviterez également bien des soucis.







